Le front commun syndical interprofessionnel appelle à une manifestation d’ampleur le 16 juin prochain à Namur afin d’exprimer son opposition aux politiques d’austérité mises en œuvre par le Gouvernement wallon et le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La FESEFA s’associe à cet appel et invite ses membres à se mobiliser.
Depuis des années, nos secteurs alertent sur l’insuffisance des moyens qui leur sont accordés pour répondre à des besoins sociaux, éducatifs et culturels en constante augmentation. Pourtant, les orientations budgétaires actuelles vont dans le sens inverse : économies structurelles, incertitudes sur le financement de l’emploi et pression accrue sur les opérateurs de terrain.
Une réforme APE génératrice d’incertitudes
La réforme du dispositif APE, dont l’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2027, constitue aujourd’hui une source majeure d’inquiétude pour de nombreuses associations.
Le projet prévoit le transfert du financement des emplois APE vers les ministres fonctionnels. Toutefois, de nombreuses modalités essentielles de ce transfert demeurent à ce jour imprécises. Les critères de répartition des moyens ne sont pas clairement définis et aucune garantie suffisante n’a été apportée quant au maintien des emplois existants ni des enveloppes budgétaires qui leur sont consacrées.
Par ailleurs, le risque d’une diminution des moyens dédiés à l’emploi demeure présent, tant avant qu’après la mise en œuvre de la réforme.
Pour les associations concernées, ces incertitudes pourraient fragiliser l’emploi, compromettre la pérennité de projets développés sur le long terme et affecter la continuité de missions essentielles au bénéfice de la population.
D’autres éléments suscitent également des préoccupations importantes, notamment le sentiment d’insécurité pour les opérateurs non agréés dans le futur dispositif, l’absence de mécanisme clairement défini d’indexation des moyens transférés ainsi qu’un calendrier de transition jugé insuffisant au regard des adaptations organisationnelles nécessaires.
Dans sa forme actuelle, cette réforme comporte donc des risques significatifs de déstabilisation pour des structures déjà confrontées à un sous-financement chronique.
De nouvelles économies dans des secteurs déjà sous pression ?
Au-delà de la réforme APE, les annonces budgétaires récentes de la Région wallonne font craindre de nouvelles mesures d’économie dans des domaines essentiels tels que l’action sociale, la santé, l’emploi, la formation et l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.
L’éventuelle adoption de nouvelles restrictions budgétaires accentuerait les difficultés rencontrées par les équipes de terrain, déjà fortement sollicitées. Elle risquerait également de dégrader la qualité des services offerts à la population et de fragiliser davantage des organisations dont l’utilité sociale est largement reconnue.
Défendre une vision de société
Les associations d’éducation permanente, d’insertion socioprofessionnelle, de cohésion sociale, d’action culturelle ou encore d’accompagnement des publics vulnérables contribuent chaque jour à renforcer la démocratie, l’émancipation, la solidarité et la participation citoyenne.
Les politiques d’austérité actuellement mises en œuvre interrogent le modèle de société que nous souhaitons construire collectivement.
Investir dans le non marchand n’est pas une dépense superflue : c’est un choix politique qui permet de garantir l’accès aux droits et à la culture, de lutter contre les inégalités, et de renforcer la cohésion sociale.
Rendez-vous à Namur le 16 juin
Face aux menaces qui pèsent sur nos secteurs, il est à nouveau essentiel de faire entendre la voix du monde associatif et du non marchand, défendre l’avenir de nos associations, la qualité des services rendus à la population et une société plus solidaire.
La FESEFA invite donc ses membres, leurs équipes, leurs bénévoles et l’ensemble des acteurs du secteur à participer à la manifestation du 16 juin à Namur. Nous vous tiendrons au courant des informations pratiques.
