Annoncée dans la déclaration de politique régionale du gouvernement bruxellois, l’évaluation du dispositif des agents contractuels subventionnés (ACS) est en marche.
Certaines associations « contrôlées » ont par ailleurs déjà été avisées d’une diminution de l’ordre de 5 % de la prime octroyée dans le cadre de ce dispositif.
Mais le plus inquiétant est la réforme que promet le ministre de l’Emploi, Didier Gosuin, pour améliorer l’efficacité du système des ACS avec comme finalités la lutte contre le chômage des jeunes faiblement qualifiés, l’amélioration des politiques d’activation des chômeurs de longue durée et la réaffectation des postes dégagés vers le secteur de l’accueil de la petite enfance. En dehors de la petite enfance, ce sont les politiques régionales qui bénéficieront des mesures annoncées, et ce au détriment des secteurs dépendant de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le gouvernement bruxellois semble vouloir privilégier à nouveau la logique et la philosophie qui ont prévalu à l’époque de la mise en place des programmes de résorption du chômage. Une époque où la crise de l’emploi était encore considérée comme conjoncturelle.
Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : non seulement, il ne fait plus aucun doute quant au caractère structurel du chômage, mais les dispositifs ACS/APE constituent une source de financement importante de l’emploi non marchand et, en particulier, du secteur socioculturel ! Envisager une telle réforme, c’est mettre à mal la qualité et la pérennité du travail des associations de ce secteur, lesquelles ont pu grâce à ces aides à l’emploi professionnaliser leurs activités. Par ailleurs, les conclusions du cinquième Baromètre publié par la Fondation Roi Baudouin sont sans appel : le secteur associatif va mal ! Lui retirer des postes ACS c’est l’asphyxier davantage dans un contexte où les nombreuses mesures d’économie qui le frappent de plein fouet le conduisent de plus en plus à revoir à la baisse le nombre de ses activités et à envisager des licenciements collectifs ! Ne soyons pas dupes : une telle réforme, dans un tel contexte économique, aura pour conséquence de remplacer des chômeurs par d’autres chômeurs ! C’est en somme le serpent qui se mord la queue !
Aussi, nous plaidons pour que le dispositif ACS reste une aide à l’emploi structurelle du secteur non marchand ! Au lendemain de la 6e réforme de l’Etat, il serait déconcertant de voir la majorité bruxelloise rater une véritable occasion de penser l’ancrage de ce dispositif dans les politiques fonctionnelles et sectorielles. Gageons que, dans un sursaut de lucidité, cette option sera étudiée avec le plus grand sérieux par nos représentants politiques : il en va de la viabilité de nos associations et de la qualité des services qu’elles rendent aux publics fragilisés et en quête de participation citoyenne !