Ébullitions citoyennes - Logo

Né en 2011 du constat que le secteur de l’Éducation permanente manquait de visibilité malgré le nombre important d’associations y œuvrant, le projet « Ébullitions citoyennes » visait à valoriser ses actions, mieux faire connaître ses enjeux, promouvoir une identité sectorielle forte et rappeler au monde politique le rôle primordial des associations d’EP dans la démocratie et l’émergence d’une citoyenneté active et critique. Il ambitionnait aussi de rassembler le secteur, d’identifier les grandes questions qui se posent à lui et de construire des propositions et revendications communes.

Les associations d’Éducation permanente ont toujours eu à cœur de défendre les principes fondamentaux de la démocratie. Parce que celle-ci est régulièrement mise à mal et que les inégalités n’avaient jamais été aussi criantes, la FESEFA entendait renforcer une dynamique qui, à partir de la diversité des associations, rassemble et mobilise pour la défense, la valorisation et la promotion du secteur. Soutenu par la Communauté française via une convention triennale 2014-2016, le projet s’inscrivait dans un travail de longue haleine visant à consolider les liens entre associations, favoriser les échanges, partager les réalités de terrain, identifier les tensions à l’œuvre et développer une « vitrine du secteur ». À l’approche du 10e anniversaire du Décret éducation permanente de 2003, il constituait également une opportunité pour les asbl de faire entendre leur voix lors de son évaluation, en adressant un message fort et cohérent aux décideurs politiques.

Le projet « Ébullitions citoyennes » avait donc pour ambitions de :

  • valoriser et visibiliser les actions du secteur au sein et en dehors de celui-ci ;
  • mieux faire connaître ses enjeux ;
  • permettre les échanges entre les associations ainsi que le partage de réalités de terrain ;
  • identifier les questions qui se posent dans le secteur et mettre en évidence les tensions à l’œuvre dans la démarche d’éducation permanente ainsi que dans ses rapports avec les services chargés de l’évaluation et du contrôle ;
  • promouvoir une identité sectorielle forte, notamment via un visuel commun voire une plateforme web et une publication communes ;
  • mais surtout de sensibiliser les acteurs du monde politique au rôle primordial des associations d’EP dans le fonctionnement de la démocratie et l’émergence d’une citoyenneté active et critique.

Actions

La Quinzaine de l’Éducation permanente (2011-2012)

Pendant deux semaines, du 14 au 25 novembre 2011, plus de vingt asbl ont accueilli des groupes de travailleuses et travailleurs du secteur (animateurs, cadres ou bénévoles), de manière à leur présenter leur travail, leurs projets, leur approche…. L’objectif était de sensibiliser au moins 240 personnes aux actions développées au sein de ces institutions, d’échanger des pratiques professionnelles et d’ouvrir des débats sur les enjeux de l’Éducation permanente.

Ensuite, la journée de clôture du 2 décembre a offert l’opportunité de présenter les résultats des activités et de mettre en évidence les enjeux à venir tout en proposant des pistes de réflexion et des synergies associatives.

L’événement a été réitéré en automne 2012.

Les résultats ont été retranscrits dans une « plaquette » adressée au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les Tables rondes de l’Éducation permanente (2013)

Deux tables rondes – rassemblant une série d’acteurs de l’Éducation permanente – ont été organisées en vue d’entendre les craintes du secteur et de réaffirmer les enjeux de celui-ci. Grâce au matériel récolté lors de ces deux séances, la FESEFA a élaboré un Mémorandum en vue des élections de 2014.

Les Rencontres de l’Éducation permanente (2014)

Les rencontres précédentes avaient permis de mettre en évidence, dans le chef de plusieurs associations participantes, les difficultés de lecture et de compréhension du cadre légal du secteur de l’éducation permanente. C’est aussi à cette occasion qu’a émergé l’idée de mettre en place une formation spécifiquement orientée vers les nouveaux travailleurs. Des contacts ont déjà été pris avec plusieurs opérateurs d’éducation permanente pour un éventuel partenariat. Des Matinées consacrées respectivement à l’arrêté du 30 avril 2014 et à la rédaction du Rapport général d’exécution ont été organisées en novembre et décembre 2014, sur trois lieux différents afin d’en faciliter l’accès (Bruxelles, Namur et Tournai).

« Entre pratiques et contraintes » a été le fil conducteur de ces matinées d’échanges qui avaient pour objectifs de réinterroger la définition de l’éducation permanente, de requestionner ses visées émancipatrices au regard des contraintes normatives du décret, mais également d’examiner le nouvel arrêté d’application à la lumière des pratiques de chacun. Une part importante de la matinée fut consacrée aux ateliers, animés par des personnes ressources du secteur. Ces derniers ont permis d’échanger librement autour des questions et interprétations que le décret suscite, de témoigner de ses expériences et des réalités de terrain mais aussi de mettre en débat ses évaluations.

Les ateliers politiques (2015)

En novembre et décembre 2015, deux ateliers ont été organisés en vue de préparer un Colloque à venir en 2016.

Ces rencontres ont permis de réfléchir aux menaces pesant sur l’Éducation permanente en période de crises (exclusion, chômage, etc.) et de disette. Cette spécificité belge est-elle menacée ? Le concept d’éducation permanente risque-t-il d’être redéfini pour répondre à certaines urgences politiques et sociales ? Que dire de la stagnation voire de la réduction des budgets structurels des secteurs socioculturels au profit d’appels à projets et de politiques visibles et ciblées ?

La critique de cette vision pragmatique des enjeux sociaux a permis de rappeler que les grandes transformations et innovations sociales ont été possibles grâce à des femmes et des hommes, qui par leurs réflexions et actions ont contribué collectivement à la construction d’une société plus juste, plus égalitaire, plus solidaire… Mais surtout, c’était l’occasion de dénoncer une certaine impuissance politique et le choix d’une société toujours plus excluante.

Parmi les missions de l’éducation permanente, il y a la possibilité d’amener les hommes et les femmes à prendre la parole, à résister, à développer une réflexion critique, à se réapproprier l’action politique et à s’émanciper. Les participantes et les participants à ces ateliers ont acté la méconnaissance de ses actions et des changements dont elle est actrice, qui contribue à la mise à mal d’un secteur dont le rôle est pourtant essentiel dans une société démocratique. Et de conclure sur la nécessité, plus que jamais, de réaffirmer l’identité du secteur.

Journée de l’EP « Agir et résister au XXIe siècle : un enjeu démocratique ! » (2016)

En apothéose du projet « Ébullitions citoyennes », la FESEFA a organisé le 2 décembre 2016 à Liège la Journée de l’Éducation permanente « Agir et résister au XXIe siècle : un enjeu démocratique ! » en partenariat avec l’asbl Les Grignoux et avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service de l’Éducation permanente. Cet événement « large public » en présence de la ministre de la Culture, alimenté par les conclusions des ateliers politiques, a rencontré plusieurs objectifs, notamment d’offrir une visibilité du secteur « hors de ses murs » et de faire savoir que l’Éducation permanente rassemble et poursuit des visées émancipatrices et est un moteur de changement et de progrès social.

Cette journée s’inscrivait en outre dans un contexte particulier. Depuis 2003, l’Éducation permanente disposait d’un nouveau décret. Un texte légal qui « encadrait » qualitativement et quantitativement et qui laissait, à juste titre, une large place à l’autonomie associative et à l’innovation sociale. Depuis son entrée en vigueur, le décret devait connaîtra en 2017 son premier « moratoire » : toute nouvelle demande de reconnaissance, toute demande de changement de catégorie de forfait serait gelée…

À l’entame de l’évaluation de ce cadre légal dont les conclusions étaient attendues pour juin 2017, la FESEFA invitait à participer à une réflexion sur la pertinence de l’Éducation permanente pour nos sociétés démocratiques qui sont en profonde mutation et qui doivent faire face à un déficit culturel, démocratique, éducatif et citoyen. Sur l’impertinence aussi de l’Éducation permanente qui est tout à la fois un projet politique d’émancipation et une démarche individuelle et collective ambitieuse (former des citoyennes et des citoyens conscients et critiques, capables d’agir individuellement et collectivement sur leur environnement pour le transformer).

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